négocier, tout de suite

Anges et chars d'assaut: une photo que j'ai prise près d'un arrêt de bus à Kharkiv, Ukraine, en mai 2007.
Négocier n'est pas capituler
"Il ne faut jamais négocier dans la peur, mais il ne faut jamais avoir peur de négocier," dit John F. Kennedy.
N’oublions pas que lorsqu’il a obtenu de Khrouchtchev le départ des missiles soviétiques de Cuba, Khrouchtchev a obtenu de Kennedy en retour le départ des missiles américains Jupiter basés en Turquie et en Italie, et tout le monde s’en est trouvé pour le mieux.
Une négociation s'entreprend dans une position de force,
dans laquelle nous nous trouvons. Nous avons le droit international de notre côté, la force militaire de l’OTAN et le relatif insuccès des forces russes dans leur guerre en Ukraine. Je dis “relatif” car nous ne devons pas nous cacher que d’importantes portions du territoire ukrainien se trouvent sous contrôle russe, ce qui ne serait sans doute pas advenu si des négociations avaient été entreprises dès le début, comme le Président Zelensky semblait disposé à le faire.

nous devons négocier au plus tôt
afin de libérer ce qui peut encore l'être de ces territoires et de limiter les dégâts car il est intolérable que nous demandions à la population ukrainienne de subir les morts, la destruction et le malheur que demanderont leur reconquête par la force militaire après ce qu'il leur a déjà coûté pour se défendre - à supposer même qu'une telle reconquête soit possible, rien n’est moins sûr, et nous serions bien légers de l'escompter. Inonder l’Ukraine d’armes et nous asseoir dans les gradins en demandant aux Ukrainiens de souffrir et de mourir est absolument immoral.
il s'agit donc de négocier au plus vite,
au plus fort et avant que la situation n’empire et que davantage de territoire ne tombe entre les mains russes ce qui rendrait encore plus difficiles les négociations et affaiblirait d’autant notre position. N'attendons pas que tombent Odessa ou Kharkiv - nous ne nous en remettrions pas. L'enjeu des négociations deviendrait alors une partition de l'Ukraine, qui serait inacceptable autant pour un gouvernement de Kiev quel qu'il soit, que pour l'Europe. Il en résulterait une situation envenimée, paralysante pour l'Europe et inguérissable, qui mènerait à d'autres conflits presque inévitablement. L’OTAN et la Russie, en tant que puissances nucléaires, détiennent la capacité, chacune, d’infliger des dommages irréparables. Les effets d’un engagement nucléaire même très limité - à supposer que cela soit possible - auraient pour effet de rendre de grandes superficies de terre en Europe inhabitables pour au moins des décennies et empoisonneraient l’atmosphère de la planète entière.
Il n'y a pas d'alternative
à la négociation car c’est justement la raison d’être et la justification de l’armement nucléaire et de sa force dite de dissuasion: que les conflits et les différents entre ceux qui en participent soient réglés par des négociations et non par la force des armes. Bien que l’Ukraine ne fasse pas partie de l’OTAN, l’OTAN s’est suffisamment engagée dans cette guerre à son côté pour justifier la mise en oeuvre des moyens de règlement des conflits qui découlent de la doctrine de la dissuasion nucléaire.
Nous nous trouvons engagés, de fait, dans une guerre qui contourne les contraintes de la dissuasion nucléaire et créé les conditions d'une guerre non-nucléaire de longue durée, ruineuse, désastreuse pour l'économie et pour l'environnement en Europe, qui réduira drastiquement notre bonheur de vie et la qualité de l'avenir de nos enfants, quelle qu’en soit l’issue, et sans que la menace nucléaire ne soit diminuée pour autant, y compris les risques de déclenchement accidentel, au contraire.
Il y a un grand nombre de considérations
à prendre en compte en ce qui concerne la genèse, la nature et les enjeux de ce conflit, mais ce sont des détails dans lesquels il est inutile de vouloir entrer ici, il s’agit seulement de reconnaître ce point important: il n’y a pas d’autre voie à suivre qui soit responsable, juste et conforme aux exigences de la dissuasion que d’obtenir un cessez-le-feu et de négocier.
La nécessité de ces négociation dépasse largement le cadre et les intérêts de l’Ukraine même si les intérêts de l’Ukraine doivent être considérés en premier lieu. Ces négociations peuvent très bien échouer, mais l’absence de négociations ou des négociations retardées représentent, pour l’Ukraine et pour l’Europe, l'assurance de la catastrophe, violente ou lente.
AM de G, 17 mai, 2022
Performed for the first time in 1924, S’Annele Balthasar is a dramatic poem about the witch hunts in Europe at the time of the Renaissance, written in Alsatian by the Jewish-Alsatian poet Nathan Katz (1892-1981). It plays in Southern Alsace in 1589 and rests on a witch-trial of a young peasant girl which took place in the city of Altkirch. It was translated into French by Jean-Louis Spieser and published in a bi-lingual edition by Editions Arfuyen in the wake of a vigourous renewal of interest in the poetry of Nathan Katz. The High Alemannic form of the Alsatian language in which he is writing is actually birth language, and I was lucky enough to meet Nathan Katz in my childhood. I have translated S'Annele Balthasar into English and modern German, into the hope that it may sail safely into the literary future.
